Oui mais pas longtemps

16 décembre 2009


Date de publication originale : 30 septembre 2009
Copyright : licence Art Libre : http://artlibre.org/

Pas mieux.

Irum.

Non, une minute à Valence puis c’est Toulouse directement.

On me prend pour ce que je ne suis pas.

J’avais peur d’avoir 25 ans mais maintenant je suis en paix.

23h41 | Je ne serais pas de ceux qui se rendent compte à 30 ans qu’il n’auraient pas du. L’homme à coté de moi qui regarde comme moi la nuit passer depuis le couloir appelle une gare un "point-relais". L’homme à coté de moi vient de prendre son sac. Il fredonne et se dirige vers la porte.

Valence.

L’homme a coté de moi a pris son sac (on en doutait mais maintenant c’est sûr) et est descendu (on espère néanmoins qu’il se porte bien). À cette même gare la police est montée (pas par moi mais c’est vous dire si ce n’est pas l’envie qui manquait), elle est venue jusqu’à moi, je n’ai pas levé les yeux de mon cahier et elle est repartie, comme la pluie.

J’écris l’histoire d’août sur les pages de décembre, j’aimerais savoir écrire dans l’autre sens.

Le train, lui, sait bien dans quel sens il va, mais moi non.

Banal artifice, violence silencieuse.

J’aime quand le simple fait d’être dans un train vous laisse imaginer de belles histoires. Mais pourquoi, alors que les gares nous en donnent de si belles à rêver, en vent-on de si mauvaises à l’intérieur de celles-ci.. ?

Et puis il y avait juste à l’autre bout du wagon cette femme aussi âgée qu’élégante et à n’en pas douter en mal de mots. Je pense que cette femme devrait avoir plus de papiers et d’enveloppes froissées, plus de ces mots qui lissent les maux sans mauvais jeux de sots. (cette dernière phrase mise à part).

Un téléphone sur une table de chevet.

Femme, robe rouge, éteinte à l’arrière du noctilien.

Paris luit, pars la nuit.

Un décor imparfait, manifestement.

"Je ne veux que vous aider Mademoiselle".

On peut toujours être plus explicite, on peut toujours écrire mieux, on peut toujours aller au delà, on peut toujours porter, supporter, s’emporter, s’exporter, on peut toujours se branler et c’est encore ce qu’on sait faire de mieux.

Mais on peut aussi rêver, espérer, aspirer, présumer et étaler dans des textes sans sens tout ce vocabulaire d’âmes corrompues, ça nous donne l’impression d’exister mais en fait d’existence on se la met tous bien profond cette putain d’espérance et son double.

Il faudra un jour écrire le livre noir des illusions débiles, j’y tiendrais un chapitre.

Mais au fait, j’y pense : Allez tous vous faire foutre ! Et s’il vous plait prenez-le mal, et faites moi mal aussi, bien mal, et nous nous aimerons sans hypnose.

Et je glisse, irrémédiablement, je glisse. J’aime le noir, je suis dans le rouge, je l’aurai attendu cette putain (j’allais dire cette révolution, mais cette putain suffira).

Un grand artiste a dit récemment "donne moi l’envie de te montrer mon cul", ce qui est absolument révoltant de pertinence. J’ai depuis un regard pénétrant sur la vie, et la vie est une putain parait-il, c’est donc fort à propos.

Je pensais que j’aimais le dos des femmes, mais je me trompais, car en réalité c’est bien leurs mensonges qui me transportent. J’ai un profond respect pour ces délicates mises en scène, de plus les femmes qui ne mentent pas sont d’un ennui mortel.

Prends ce raisin, mange et casse toi.

Moi je garde ma raison, et je rentre à la maison : la meilleure façon de créer c’est encore de s’abstenir.

Photos :

josephparis.fr \ sauf mention contraire, tout le contenu de ce site est placé sous licence Art-Libre / réalisation web : persistance