Joseph Paris

naked war

A philosophical and artistic reflection on Femen, a graphic film that seeks to see what may not be on the images.

À l'écran : Alexandra Shevchenko | Oksana Shachko | Josephine Witt | Amina Sboui | Annie Le Brun | Benoit Goetz |

Musique originale : Pierre Paris |

Produit par LaClairière Production
En coproduction avec La Chaine Parlementaire | TV Tours | CINAPS TV |

Soutenu par : CNC | CiCLIC - Région Centre | PROCIREP-ANGOA |

Distribution: ARTE | Distribution DVD: Éditions Montparnasse |

Jeune réalisateur et activiste, Joseph Paris a croisé la révolte des Femen – le mouvement féministe venu d’Ukraine - au printemps 2012. Pendant plus d’un an, il les a filmées au plus près, ébloui par leur geste, solidaire de leur cause puis bousculé par des doutes, inquiet qu’un drame survienne... Il cherche dans un second temps à mieux discerner ce que raconte cette révolte avec l’aide d’Annie Le Brun (écrivain, poète) et Benoit Goetz (philosophe), deux personnes dont le regard sur ce pop féminisme radical porte plus loin.

Ils interrogent les images fabriquées par les Femen et mettent à nu leur puissance révolutionnaire : renverser les représentations du corps féminin, inventer une grammaire cinématographique, révéler les systèmes d'oppression et la violence qu'ils exercent. Au final, il reste le courage de ces toutes jeunes femmes à bousculer notre monde frileux à travers leur geste spectaculaire.
Joseph Paris signe une réflexion philosophique et artistique sur Femen, un film graphique qui cherche à voir ce qui n'est peut-être pas sur les images.


 

in memoriam Oksana Chatchko

 

Un bel hommage de Stéphane Delorme à notre amie Oksana Chatchko, est à lire dans les Cahiers du cinéma de septembre 2018.

« Activiste, artiste, féministe et terroriste » des plus nécessaires, son décès est une grande perte. Elle compte parmi les personnes qui m'ont littéralement montré ce qu'est le courage.

 

Un film subjectif, amoureusement poétique, traversé de doutes et de peurs quant à l'avenir de ce mouvement, sous-tendu par une réflexion philosophique sur le pouvoir des images.

Seins nus, inscriptions guerrières sur le buste, couronne de fleurs dans les cheveux, les Femen, ces "féministes pop", comme elles se désignent, intriguent et dérangent.

Mais, qu'est-ce qui guide ces jeunes femmes et les pousse à se mettre en danger à chacune de leurs actions ? C'est ce que montre, avec sensibilité et intelligence, Naked war, le documentaire percutant de Joseph Paris.

Ouest France

Nul doute que Joseph Paris aime le cinéma de Chris Marker. On retrouve dans « Naked War » l’idée qu’une relecture de l’histoire immédiate lui donne une autre perspective, et qu’elle peut s’écrire en mode polyphonique.

Sans jamais vouloir convaincre ou convertir, Joseph Paris déroule ici une approche d’autant plus nécessaire qu’elle est pertinente, confrontant forces de persuasion et structuration du raisonnement, dans ce qui s’avère être, bien plus qu’une opération de sensibilisation, une vague de fond culturelle.

Elles inventent le clip propagande, chers aux ciné-tracts de Godard. Le moment où tout bascule, effet d’équilibriste dans l’apparition de la nudité totale qui déclenche la violence des frustrations. Joseph Paris en écrit la sauvagerie.

Les Femen, ce sont deux histoires. L’une de révolte pure, qui débute dans une petite ville de l’ouest ukrainien, l’autre de manipulations et de coups tordus, dans le Paris médiatique. C’est du moins ce qui transparaît du livre enquête du journaliste Olivier Goujon, mais aussi du remarquable film Naked War, du cinéaste Joseph Paris.

Des images fortes, maîtrisées, provocatrices, que le réalisateur Joseph Paris interroge. Que dit le mouvement Femen du corps féminin ? De la violence de nos sociétés ? De l'état de la démocratie ?

Le documentaire de Joseph Paris offre une plongée exceptionnelle au cœur du mouvement féministe et questionne, à travers l’engagement politique, la place de l’image et du corps dans leurs actions.

Ces militantes féministes qui usent de leur corps comme d'un porte-voix. Et dont les happenings révèlent l'ambivalence de notre rapport aux images en même temps que la puissance de la répression, tant policière que psychiatrique, qui continue de structurer nos sociétés dites libérales.

Alternatives Economiques

Dans son film, on aura ainsi le point de vue éclairé et bienveillant de deux intellectuels authentiques, Annie Le Brun et Benoît Goetz. Loin du ronron des habituels médiatiques, ils disent sur les "femen" et sur la démarche de Joseph Paris des choses fort éclairantes.

Naked War suscite l'imagination !

Plutôt que de se livrer à une simple hagiographie, le cinéaste nous propose une véritable réflexion sur la manière dont les filles du Femen se réapproprient leurs corps et, plus généralement, leurs images et l’Image au sens large. Il y a une certaine logique godardienne dans Naked War et pas seulement parce que l’un des premiers « chapitres » du film s’intitule « un vent d’est » !

Que l’on soit partisan ou non, le film invite à dépasser l’image que nous renvoient habituellement les médias. Il conclut néanmoins en reconnaissant la nécessité d’une prise de conscience. Au vu de l’ampleur du mouvement #metoo qui a secoué le monde ces derniers mois, on pourrait être tenté d’aller dans son sens également.